2007-2009 : Par correspondance, peinture en compagnie de Ponge

Francis Ponge évoque l’"inachèvement perpétuel" de sa pratique d’écriture. Laurent Noël qualifie pour sa part sa peinture de "définitivement provisoire". Depuis sa découverte fortuite d’un ouvrage de Ponge (l’atelier contemporain), puis une lecture passionnée de bien d’autres, Laurent Noël ne cesse de découvrir des correspondances entre son travail et l’œuvre de Ponge : l’incrustation des esquisses, ébauches et brouillons au sein même de la toile, les recommencements nuancés des mêmes images ou morceaux d’images dont l’accumulation fait œuvre, les reprises et les repentirs laissés apparents. Des analogies aussi dans l’attitude devant la création : farouche indépendance, rapports avec le temps du travail, importance du travail « ouvrier » autant que du travail intellectuel dans une œuvre artistique…
Pourtant, cette fréquentation n’a pas bouleversé radicalement sa peinture : les recherches calligraphiques se poursuivent, les fausses monochromies, les superpositions et transparences de papiers marouflés, les associations délicates d'encre de Chine et d'huile, les sujets regroupés en séries — ou recueils — toujours ouvertes, par nature inachevées. Non, la lecture de Ponge l’a conforté, il y a trouvé un appui, un ami. Il fallait seulement mettre en évidence les analogies, en découvrir d’autres, et laisser faire la peinture.