2010-2013

"Un jour, les supports du peintre ne seraient donc plus les événements de l’existence, douloureux, violents, amoureux, physiques, sensibles, mais les mouvements propres, sismiques, internes de la peinture elle-même, qui aurait décidé une fois pour toutes de se passer de prétexte et de vivre seule dans une forme d’autarcie, se nourrissant de peu mais ne manquant de rien, utilisant son passé, ses apprentissages puis son expérience, approchant doucement d’un mouvement perpétuel. Respirant seule."
Laurent Noël (Les arrière-pensées, 2007)

"Faits et gestes", parce que Laurent Noël a toujours mis la question du temps de la peinture au centre de son travail, dans un multiple jeu de dualités : techniques entre les tons de l'encre et les teintes de l'huile, entre le papier et la toile, gestuelles dans le trait et le tachisme libres de l'encre contre le calme et la lenteur de l'huile, dans la peinture mêlée à l'écriture calligraphiée.

"Faits et gestes", parce qu'il s'agit d'évoquer aussi ce que la peinture devient lorsque l'artiste est touché par les épreuves. Cet ensemble d'une quarantaine d'œuvres réalisées entre 2010 et 2012, après un profond bouleversement personnel, interroge sur la force de la peinture et son pouvoir de résilience. Comment l'art peut-il nous projeter vers l'avant (expression à double sens, à la fois vers un futur ouvert et vers les marques du passé), comment les gestes artistiques répondent-ils aux faits de l'existence ?